Ishumar — du français « chômeur » — désigne une génération de Kel-Tamasheq contraints à l'exil par les sécheresses et la répression, à partir des années 1960. Derrière ce mot, une réalité plus ancienne : un peuple millénaire fragmenté par les frontières coloniales en cinq États, dont la résistance culturelle est devenue le seul territoire commun. C'est dans cet héritage que Yusuf Jr s'inscrit depuis 2015 — guitariste et chanteur originaire de l'Aïr (Agadez) et de l'Azawagh (Tahoua), terres des Kel-Tamasheq du Niger. Avec ses musiciens, il interprète le répertoire de cette résistance — Bombino, Tinariwen, Abdallah Oumbadougou — ce blues du désert né dans les camps d'exil, traversé par la mélancolie et la revendication. Dix ans de scène au Niger, des festivals nomades aux cérémonies officielles. Co-fondateur du groupe Azel, projet de création originale dans la continuité de ce mouvement.
Ishumar — from the French « chômeur » — names a generation of Kel-Tamasheq driven into exile by drought and repression from the 1960s onward. Behind the word lies an older reality: a millennial people fragmented across five colonial borders, whose cultural resistance became their only shared territory. Yusuf Jr has carried this legacy since 2015 — guitarist and singer from the Aïr mountains and Azawagh plains, heartland of the Kel-Tamasheq of Niger. With his musicians, he interprets the repertoire of this resistance — Bombino, Tinariwen, Abdallah Oumbadougou — desert blues born in exile camps, shaped by loss and defiance. Ten years on stage in Niger, from nomadic festivals to official ceremonies. Co-founder of Azel, an original creative project continuing this movement.